13.01.2009

Laissez-moi crier !!!

Paradoxe de l'image et de l'être.

Je bois, à même le goulot, moi qui ne bois jamais. Vodka. Ça passe bien, ça fait mal, juste ce qu'il faut pour savoir que ça s'insinue irrémédiablement dans les veines de l'asphyxie.

Envie de crier ! de hurler ! de déchirer !

 

3h35 du matin. Envie de me noyer dans le sommeil, enveloppée de mes draps qui sentent encore les ébats. Et pourtant je ne me coucherai pas, je le sens. Ou si peu. Si peu que cela devient inutile. Que le risque de ne plus se lever est trop grand.

 

A force de fleurter avec les aléas des trouvailles du grand écran ouvert sur le monde, on découvre des mots que l'on ne devrait pas lire. Et le malaise nous prend.

 

Je devrais pourtant rire, danser, sauter de bonheur incandescent, de gourmandises et de friandises. Je finis par me haïr de ressentir.

 

Pourquoi l'espoir existe-t-il si c'est pour nous y faire goûter, nous le faire lentement humer pour nous donner juste l'envie de le garder près de soi un court moment, plus... non, n'exagérons rien.

 

Je suis en colère ! Contre moi, plus que contre quiconque ! en colère de m'être laissée aller autant, de m'être laissée disparaître et de n'être même pas digne de l'ombre de l'image que j'ai pu avoir fut un temps. Je suis en colère de ne pas avoir eu plus de courage pour affronter le regard des autres... Mais comment l'affronter quand on n'affronte même pas le sien. Je me trouve laide. Je m'ennuie, je m'insupporte dans toute ma lâcheté. Je me suis faite abattre par ma propre réclusion.

 

"La vie n'est pas une punition". Cette phrase résonne comme la balle frôlant mon oreille à chaque minute ! Elle me renvoie ce que je me suis infligée depuis des années à cause de mal-intentionnés.

 

J'ai été mal-traitée. En réponse, je me suis punie. J'aimerais dire que j'ai été dans l'ironie totale, mais ce n'est même pas le cas. Je n'avais apparemment pas assez souffert de ces affronts, qu'il a fallu que je me tue à petit feu.

Et je suis morte en effet. j'ai finalement réussi mon pari mortuaire. Les autres ont gagné. Et j'ai été complice de leur assassinat.

 

Et maintenant ? Maintenant que l'on me renvoie l'image de moi aujourd'hui ? et non celle que je me faisais de moi-même, celle qui est morte depuis longtemps. Maintenant que je prends conscience de ma perdition ? Maintenant que je me rends compte de ma déchéance ?

Maintenant j'ai envie de crier !! De crier au monde entier que je le hais de nous faire tant de mal.

J'avais juste envie de survivre et qu'on me laisse tranquille dans mon coin sans personne, dans ma bulle privée d'oxygène. Je voulais être souris qui observe les autres tourner dans leur cage bien trop étriquée, en riant de leur manège trop huilé. Je suis devenue fantôme.

 

J'ai le goût amer de la défaite sur la langue comme dans la gorge. J'ai un goût âpre qui dégouline continuellement de totale ignorance d'évenutelle solution.

 

Juste l'envie d'affronter la terre entière dans un combat irrégulier. De me parer outrageusement d'armes blanches qui scintilleront dans l'éclat du regard assaillant. Et de soutenir ! Soutenir au-delà de la performance et de l'endurance communément admise.

 

Les volontés sont tenaces. Demain je rendormirai mon éphémère appêtit de liberté d'action. Demain je redeviendrai irrémédiablement  fantôme.